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Konbini, Tac au tac et Manben

Publié le 19 du 08 2018

En ce moment, depuis presque 10 mois, je ne suis pas super productif en terme de rédaction. J’ai bien ajouté une page “projets” et une page “peintures” histoire de faire croire que cette page est toujours active, mais personne n’est dupe !

Donc plutôt que d’écrire sur des sujets “de programmation”, j’ai décidé d’écrire une brève sur une émission que j’ai découverte hier et que j’ai trouvé trop cool !

Le but de l’article n’est pas de présenter formellement ces émissions mais de tenter de vous partager ma motivation pour ce genre de contenu.

Je ne connais pas du tout le site Konbini, pourtant je suis tombé sur une série d’entrevues assez sympa où des dessinateurs/illustrateurs/graphistes sont questionnés et répondent en dessins (et en commentaires). La série s’appelle “l’interview Papier Crayon”.

Même si le format de l’émission (qui en plus, est assez court) ne permet pas aux auteurs de s’étendre sur les réponses, ça permet tout de même de se rendre compte que Bastien Vivès est égal à l’image que j’avais de lui : “trop cool”, que Jamie Hewlet a du mal à dessiner Alfred E Neuman (mais qu’il est très cordial), et surtout, que Naoki Urasawa est incroyable.

J’ai trouvé l’entrevue de Urasawa particulièrement chouette pour trois raisons. Premièrement, parce qu’il dessine vraiment bien, tout en prenant le temps de répondre, avec humour, aux questions. Ensuite parce que c’est grâce aux commentaires de la vidéo que j’ai découvert Manben. Troisièmement, parce que sa manière de gérer l’espace de sa composition m’a fait penser à Hugo Pratt dans Tac au tac, que je vais présenter tout de suite !

Tac au tac, une émission de Jean Frapat

C’est généralement sur ces mots que commence un épisode de Tac au tac. Avant d’écrire cet article, je n’avais aucune idée de qui était Jean Frapat, maintenant, grâce à Wikipedia, je sais que c’est un producteur artistique et présentateur primé du Prix de la critique en 1980.

Concrètement, l’émission met en scène des dessinateurs pour coopérer ou s’affronter dans des dessins improvisés avec des contraintes qui rappellent un peu L’Oulipo. L’ambiance est détendue, la réalisation… particulière (mais pas désagréable du tout), et la bande son souvent génial !

Ce qui est complètement génial dans cette émission, c’est qu’on y voit des dessinateurs, ayant généralement une place importante dans le monde de la bande dessinée, faire un étalage insolent de leur talent, sans pression, détendus.

L’émission a été diffusée entre 1969 et 1975, donc un peu après le premier age d’or de la bande dessinée. Cependant, les auteurs à succès sont encore, pour la plupart, vivants, ce qui fait que le casting des épisodes peut faire tourner la tête !

Une partie des épisodes est retrouvable sur Youtube, par exemple Mœbius et Druillet dans un duel avec Bretécher et Gotlib, Hugo Pratt et Mœbius réalisant un cadavre exquis sur base d’onomatopées ou encore Goscinny et Uderzo, eux aussi réalisant un cadavre exquis.

Et l’ensemble des épisodes à été mis en ligne par L’INA en 2010 !

C’est une émission qui plait, sans aucun doutes, aux amateurs de bandes dessinées. Et j’ai été ravi d’apprendre que depuis Janvier 2018, une nouvelle version de l’émission était diffusée. Cependant, je n’ai pas encore eu l’occasion d’en regarder un épisode.

Personne ne semble savoir ce qu’il est advenu des dessins réalisés durant l’émission. Ils n’ont jamais été exposés ! Il existe cependant plusieurs théories. L’une spécule sur le fait que les dessins auraient été détruits, car trop encombrant (quelle tristesse). Une autre spécule sur le fait qu’ils auraient été conservés, par l’INA ou par Jean Frapat.

Ce que j’adore vraiment dans cette émission, c’est qu’elle m’a permis de découvrir, un peu, comment travaillaient certains dessinateurs que j’admire, mais aussi de découvrir le travail d’autres que je ne connaissais pas du tout.

Manben, quand Urasawa met en lumière les méthodes de travail de ses pairs

Même si chaque bande dessinée à son style, on peut facilement imaginer qu’il existe une série de méthodologies, de codes pratiques, que les auteurs utilisent pour dessiner des planches. L’objectif de l’émission de télévision Manben, orchestrée par, une fois de plus, Naoki Urasawa est de montrer les différentes manières de travailler de différents auteurs de mangas au travers d’entretiens détaillés. Il existe actuellement quatre saisons de l’émission.

Je pense que les raisons qui font que j’ai apprécié cette émission sont, approximativement, les mêmes que celles qui ont fait que j’ai apprécié Tac au tac. Je peux en apprendre sur les méthodes de travail d’auteurs dont j’admire le travail et découvrir d’autres auteurs (parfois emblématique de la culture du manga).

Un point qui rend l’émission très appréciable, en plus de son contenu de qualité, est que Naoki Urasawa est un très grand nom dans le monde du manga, qui choisi des auteurs qui lui plaise. Les échanges entre les deux intervenants sont donc toujours teinté d’un respect mutuel qui donne un ton très agréable à l’émission. De plus, comme je savais que la production de manga est très agile, que les dessinateurs travaillent généralement avec des assistants, j’imaginais naïvement que tout était très codifiés et redondant. Je me trompais, chaque dessinateur présenté utilise son propre mode de travail et sa collections de techniques. Par exemple, Fujita Kazuhiro (Ushio et Tora) travaille de manière très brutale, en utilisant peut d’esquisses de construction, et travaillant beaucoup avec le liquide correcteur, ou encore Saito Takao (Golgo 13, entre autres), qui se sert de sa cigarette pour accélérer le séchage de son liquide correcteur et Asano Inio (Un monde formidable, entre autres) qui travaille beaucoup avec le numérique.

Au contraire de Tac au tac, les dessinateurs travaillent généralement sur des planches de leur série en cours, ce qui fait qu’ils n’ont pas de contraintes supplémentaires. Cet aspect permet, au travers de l’émission, de mettre en lumière certaines de leurs obsessions, liées par exemples aux expressions, de les voir recommencer à de multiples reprises des visages, ou des poses. Je trouve ça très impressionnant à voir, d’autant qu’Urasawa comprend cette obsession, “seul le dessinateur sait l’expression qu’il veut donner à un personnage”.

L’ensemble des épisodes déjà diffusés est trouvable sur Internet, en version sous-titrée (Japonais - Anglais).

Pour conclure

Je trouve ces deux émissions très intéressantes, semblables mais différentes. J’ai eu beaucoup de plaisir à en regarder un grand nombre d’épisodes !

J’espère que si vous ne les connaissiez pas, cette brève vous aura peut être données envie de les regarder. N’hésitez pas, si vous en connaissez, à me partager, via Twitter, courriel ou par commentaires des émissions que vous trouvez intéressantes à regarder. Et bonne fin de vacances (pour ceux qui en ont !)

Cet article est terminé !
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